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Dans le royaume du Collège-de-Pierre, il existait une règle sacrée.
Nul ne pouvait manger sans présenter son titre de cantine.
Peu importait que l’enfant mange ici tous les jours. Peu importait que le cuisinier le connaisse par son prénom. Sans le titre, pas de repas.
Ce jour-là, Soleias, le vaillant petit chevalier, arriva à la cantine le ventre déjà affamé. Tout semblait normal… jusqu’à ce qu’il fouille ses poches. Rien. Dans son sac ? Rien non plus. Dans sa cape ? Toujours rien. Le titre avait disparu.
« Ce n’est pas possible… » murmura-t-il.
Devant l’entrée de la cantine se tenait la Taupe de la Reine, droite comme un pilier, surveillant les passages comme si elle gardait un trésor royal.

« Titre ! », grogna-t-elle.
Soleias expliqua calmement.
« Je l’ai oublié. Mais je mange ici tous les jours, et vous le savez. »
La Taupe sourit. Un sourire épais, satisfait.
« Oubli égale faute. Faute égale punition ! »
Et avant même que Soleias n’ait pu terminer sa phrase, le voilà noté sur un parchemin intitulé Registre des Oublis Impardonnables.
- Péripétie numéro un : Soleias tenta la négociation polie.
- Péripétie numéro deux : il proposa d’aller chercher le cuisinier qui le connaissait.
- Péripétie numéro 3 : il proposa de se rendre au bureau de la gestionnaire vérifier les inscriptions faites en début d’année
Rien n’y fit. « La règle, c’est la règle », répéta la Taupe, ravie de sa victoire.
Soleias fut conduit une nouvelle fois dans le bureau de la Reine.
Elle leva les yeux. Et bien sûr… croisa le regard noir, se figea… puis elle hurla « Encore toi !!! On me rapporte que tu as tenté de manger sans titre !? »

Soleias resta calme et digne. « J’ai oublié le titre oui. Mais pas mon droit de manger. »
La Reine pinça les lèvres. Elle feuilleta des papiers parfaitement inutiles, espérant y trouver un article secret intitulé “Comment punir plus fort un enfant raisonnable”.
« Les règles ne s’oublient pas, trancha-t-elle. Et surtout, elles ne s’expliquent pas. »
« Mais parfois, osa Soleias, les règles oublient que nous sommes des enfants. »
Silence. Un silence lourd. Dangereux. La Reine blanchit. Puis sourit. Un sourire sans chaleur.
« Tu oses me répondre et me regarder encore dans les yeux avec ce regard noir ?! Tu copieras donc mille fois :
Je ne dois jamais oublier mon titre de cantine, je dois baisser les yeux devant la reine et surtout ne jamais lui répondre
Et tu réfléchiras, sans manger. »
La Reine éclata d’un rire cruel. Un rire qui résonnait dans tous les murs du royaume. Elle adorait punir pour le simple plaisir de punir.
Mais le destin, parfois, a le sens de l’humour.
Le lendemain, le royaume du Collège-de-Pierre fut témoin d’une scène inattendue. La Reine, toujours raide, toujours méchante, fouillait frénétiquement son bureau. Ses papiers s’envolaient, ses parchemins valsaient. Elle avait oublié dans ses quartiers la clé pour ouvrir la porte de la cantine…
La Taupe, droite comme un pilier, regarda en silence. Et bientôt tous les disciples et élèves du château observèrent aussi le spectacle. Personne n’osa dire un mot.
Sauf Soleias, passant par là, un petit sourire en coin : « Ça arrive d’oublier…»
La Reine sentit les regards peser sur elle. Elle se figea. Sa bouche se tordit d’une grimace étrange, moitié colère, moitié honte.
Depuis, dans le royaume du Collège-de-Pierre, on raconte que la Reine n’a jamais oublié ce jour-là. Jour où elle a perdu la face devant tout le monde mais surtout son sourire sournois.
Un petit chevalier affamé peut, sans le vouloir, rappeler aux puissants que l’erreur est humaine et que personne n’est infaillible. Et même les règles les plus tyranniques peuvent trébucher…
À suivre… ✨📜

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