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La fin de vie est un sujet qui me tient à cœur. Il est temps de parler de souffrance, de dignité et surtout de choix.
Un droit… sauf celui de choisir sa fin
En France, on peut tout faire. Naître, étudier, travailler, cotiser, payer des impôts, payer encore, tomber malade, payer toujours.
Mais choisir de mourir dignement ? Ah non.
Alors on fait quoi ? On traverse la frontière. On meurt en Belgique, en Suisse, ailleurs. Discrètement. Poliment. Loin.
Comme si la mort devenait soudain plus acceptable dès lors qu’elle n’est pas chez nous.
C’est fascinant, cette hypocrisie bien française…
Vivre ou survivre ?
Certaines maladies se soignent. D’autres seulement s’accompagnent. Pas pour guérir, mais pour ralentir, pour faire durer.
Cancers métastatiques, SLA, Huntington, Alzheimer avancé, douleurs chroniques irréversibles…
Autant de situations où la question n’est plus vraiment comment vivre, mais parfois simplement combien de temps encore souffrir.
Quand le corps lâche, que la douleur s’installe, que la dépendance efface peu à peu l’autonomie, la médecine peut soulager oui parfois. Mais pas toujours.
Et surtout, elle ne peut pas rendre la qualité de vie perdue.
L’illusion d’une “fin de vie accompagnée”
On parle de “modèle social”, de “solidarité nationale”, de “prise en charge”, de “fin de vie accompagnée”…
Accompagnée de quoi, exactement ?De souffrance prolongée ? D’agonie sous morphine, tant qu’on respire encore un peu ? D’un corps qui lâche pendant que la loi, elle, reste bien droite dans ses certitudes ?
Parce que le fond du problème, soyons honnêtes, ce n’est pas la médecine. Ce n’est pas la technique. Ce n’est pas la peur des abus (les autres pays ont trouvé des cadres stricts, étonnamment).
Non. Le vrai sujet, ce sont des croyances. Des croyances que tout le monde ne partage pas, mais que tout le monde subit. Des croyances sur la “valeur sacrée de la vie”, brandies comme des vérités universelles, alors qu’elles relèvent d’une morale particulière. Des croyances qui trouvent tout à fait normal qu’on impose à quelqu’un de continuer à vivre contre sa volonté, contre sa dignité, contre son corps.
Curieusement, ces croyances deviennent beaucoup plus discrètes quand il s’agit :
- d’envoyer quelqu’un mourir à l’autre bout de l’Europe
- de fermer les yeux sur un suicide “raté”,
- de laisser des familles supplier en silence.
Payer ici, mourir ailleurs
On paie des impôts en France. On finance des hôpitaux, des institutions, un système. Mais au moment le plus intime, le plus définitif, le plus personnel qui soit, l’État nous répond :
« Non. Pas ici. Pas comme ça. »
Alors oui, on meurt en Belgique. Parce que la France préfère exporter la mort plutôt que d’assumer la liberté. Parce que c’est plus confortable de laisser faire ailleurs que de regarder en face la question du choix.
Mourir dignement n’est pas vouloir mourir
Et pourtant, réclamer le droit de mourir dignement, ce n’est pas réclamer la mort. C’est réclamer la maîtrise de sa fin, quand la vie n’en est plus une.
Quand le cinéma ouvre les yeux que la loi ferme
Certains films abordent l’euthanasie clandestine, illégale, accomplie dans le silence d’une chambre, loin du cadre juridique. Dans Million Dollar Baby, le geste est interdit, intime, tragique et ne s’inscrit pas dans la loi.

D’autres récits montrent un autre chemin : celui de l’exil pour mourir.
« Tout s’est bien passé » avec Sophie Marceau, évoque ces départs vers la Suisse ou la Belgique, où l’aide active à mourir est encadrée par la loi.

« Amour » de Michael Haneke, « blackbird », « on ira »… Des films qui osent dire ce que la politique évite : que l’amour, parfois, consiste aussi à laisser partir. Quand la fiction devient plus courageuse que le droit, c’est peut-être qu’il y a un sérieux retard à rattraper.
La seule vraie question
Alors la vraie question n’est pas : « A-t-on le droit de mourir ? »
La vraie question est : « Qui a le droit de décider à notre place ? »
Et surtout… « au nom de quoi ? »
Espérer que la loi change. Vite.
Ce débat n’a rien d’abstrait. Il parle de vies réelles, de souffrances réelles.
Alors oui, j’espère clairement que la loi change et vite.
Parce que pendant que certains discutent encore, d’autres n’ont déjà plus le temps d’attendre.
Respecter la fin de vie, ce n’est pas abandonner la vie. C’est enfin respecter la liberté, jusqu’au bout.

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